Mon enfance, j'y étais à l'étroit, comme tous les enfants que la vie fait grandir trop vite.
J'étais l'otage de mon apparence et de ce foutu sablier dont les grains ne s'écoulaient pas assez vite.
Je passais mes journées à attendre le lendemain et mon temps à rêver de vieillir.
J'étais impétueuse et c'est l'impatience qui tue l'enfance et qui devient un parcours insupportable.
Mais l'enfance a ses vertus. Elle nous sert à construire les fondations de nos rêves et de nos vies.
C'est dans cette mémoire que j'ai puisé mes forces, fouillé mes colères, entretenu mes passions, et bien souvent repoussé les frontières de mes peurs et de mes limites.
L'adolescence ,elle, est un prétexte. On peut prolonger éternellement cette partie de notre vie, tout le monde le peux.
On rêve d'un idéal, on le prie, on l'appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable.
C'est si facile de renoncer à être adulte, si facile d'oublier ses fautes, de mettre l'erreur au compte d'une fatalité qui masque nos paresses.
Dailleurs, pourquoi les adultes répondent-ils toujours par une question quand ils ne connaissent pas la réponse à celle qu'on vient de leur poser?
Parce qu'ils ne veulent pas étaler un passé qui mériterait pourtant d'être raconté, entendu et discuté...




